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Visite en chaussettes de la maison Broussaud

par Lou Ripoll , November 15, 2021

Je partage avec mes collègues à l'atelier un grand amour pour les chaussettes à motif... Cécile et Lili font de chaque jour un véritable défilé de chaussettes, toutes plus belles les unes que les autres. Et comme les motifs, c'est ma spécialité, je me suis dit un jour : pourquoi pas chez Bleu tango ?

Ni une ni deux, j'ai appelé deux marques que j'aime beaucoup et qui font de très jolies chaussettes (Bonne maison et Fantôme) pour leur demander chez qui elles les faisaient fabriquer, leurs astuces et conseils... Quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai compris qu'elles partageaient le même fournisseur : la maison Broussaud ! Ma décision était prise, il fallait que je saute dans un train pour Limoges, et que je rencontre ces magiciens de la chaussette !

Le processus a été long, car la maison Broussaud est victime de son succès : ils ont trop de chaussettes à tricoter :-) Nous avons commencé à imaginer nos chaussettes avec l'équipe Broussaud en janvier 2021, et les voici enfin en boutique, pile à temps pour noël 21 ! Un an de création et de fabrication ! Mais elles sont belles, made in France, je les adore d'amour, et je suis par conséquent très fière de vous faire visiter l'usine Broussaud !

 

Mathilde nous fait visiter

Nous nous sommes retrouvés beaucoup trop tôt à la gare d'Austerlitz avec Lili-Rose (notre employée du mois haha :-) ) et Damien (qui a fait un stage chez nous au mois de juillet et il avait envie de venir, rapport aussi à ses études d'ingénieur aux Mines) pour embarquer pour Limoges. Évidemment, on s'est paumés en voiture pour aller de Limoges aux Cars, où est installée la maison Broussaud (pas très loin de la tristement célèbre Oradour-sur-Glane).


Le dos de Mathilde et de Damien, cadeau :-)

C'est la charmante et enthousiaste Mathilde qui nous accueille... Commerciale chez Broussaud, elle s'est occupée de nous pendant l'année de création et de fabrication des chaussettes ! Elle nous raconte que c'est Henri Broussaud qui a créé l'atelier en 1938. L'ambiance était familiale et paternaliste, du coup Henri a créé des HLM pour ses ouvriers, et un service de ramassage en bus. La génération suivante a développé incroyablement l'activité, tout le village fabriquait des chaussettes !


La première machine à tricoter

Mais dans les années 2000, patatras, face à la concurrence chinoise, aux délocalisations, tout le tintouin habituel, c'est la liquidation et le dépôt de bilan... jusqu'à ce que les petits-enfants reprennent le flambeau en 2006 (Aymeric, petit-fils de, et sa femme Alexandra qui était ouvrière dans l'usine) ! Depuis, le succès est incroyable et ils tricotent les chaussettes du Slip français, Dim, etc, etc, etc !!!!!!!

 

Les dessinateurs

Rentrons dans le vif du sujet ! On commence la visite par le bureau des dessinateurs, au nombre de deux : Joël, 26 ans de maison, qui vient du dessin industriel - et Céline, 3 ans de maison, qui vient du design textile !

Leur boulot est de traduire mes dessins et mes aquarelles en maille de tricot ! Cela revient à pixeliser mon dessin, et un pixel vaut un point de tricot...et ça demande de l'expérience et de la sensibilité pour que le résultat soit beau et la gamme de couleurs soit riche !

Ils ont droit à 6 couleurs par ligne de maille, mais il n'y a pas de maximum pour la chaussette ! Et ils s'arrangent pour que ces passages de couleurs, leurs écartements et le raccord soient réalisables sur les machines à tricoter qu'ils connaissent bien ! Autre contrainte technique, ils prennent aussi en compte la rétractation verticale de la maille, donc ils font un dessin allongé.

Sur leur logiciel, on voit le rendu réaliste et le rendu avec le code couleur du programme numérique : ils attribuent au rouge le bon numéro de fil, au vert le bon fil, etc... Ça pique les yeux ! :-)

 

Les prototypes et les métiers à tricoter  

Une fois que le dessin est au point sur leur logiciel, les dessinateurs donnent le programme à la machine à tricoter, et la prototypeuse fait le premier essai ! C'est Marie-Laure, échantillonneuse avec 20 ans de maison, qui nous fait la démo.


Marie-Laure nous fait la démo...

Les fils sont rentrés dans la machine en suivant un chemin compliqué, comme pour une machine à coudre mais en plus galère : ils passent à travers des anneaux pour être apportés au niveau des aiguilles, dans des sabots disposés en cercle... car c'est de la maille tubulaire ! Cinq sabots servent aux fils du motif de la chaussette, 2 sabots servent à tricoter les couleurs des pointes et talons, 2 sabots servent aux bords-côtes du haut de la chaussette.


Les sabots, dans lesquels passent les fils, sont disposés en cercle autour du métier à tricoter.

Les ouvrières rentrent par le haut les fils à la perche car c'est très haut... mais la jeune recrue Florian, 18 ans et 2m10, le fait en levant les bras :-)))))) Puis c'est enfilé à la pince à épiler, c'est précis !


Le très grand Florian passe les fils dans les anneaux à la pince à épiler.

Grâce à un système de ressorts actionnés par le programme informatique, les aiguilles se lèvent pour venir chercher au bon moment le bon fil de la bonne couleur. Le tricot en tube va très très vite, commence par les bords-côte du haut, et la chaussette apparait rapidement. Il y a un couvercle par-dessus ce tricotage, et il est équipé d'un rasoir pour couper au fur et à mesure les fils à l'intérieur. Des tubes aspirent sur les côtés les fils coupés, qui sont ensuite compactés et recyclés en nouveaux fils.


Les ressorts qui activent les sabots !


Le couvercle à rasoir qui coupe les fils à l'intérieur

La pointe qui est tricotée en dernier reste ouverte, car elle ne peut pas être fermée par ces machines tubulaires.

 

La production

Une fois que tout le monde est d'accord sur l'échantillon (les dessinateurs, les clients, les échantillonneuses), la production est lancée ! Il y a 112 machines à tricoter (en jauge fine 18 et en jauge moyenne 14) et il faut tout le temps les surveiller, installer les fils... Quand on a visité l'atelier, une équipe d'italiens étaient là pour réparer et maintenir quelques machines : elles sont tellement complexes qu'il faut faire venir des spécialistes !


La salle des machines


L'équipe des réparateurs italiens

Comme il faut tout le temps surveiller les machines, les ouvriers travaillent en 3/8. La nuit, ils sont seulement 3 à être de quart, et ils font tourner uniquement 30 machines. Ceux qui "font les panières" (ils vérifient la qualité des chaussettes finies qui sont déposées dans les paniers à côté des machines) sont tout le temps en train de checker et de temps en temps, il faut régler de nouveau la machine.


Quand la chaussette est tricotée, elle est aspirée par un tube puis recrachée dans une panière.

Le bruit dans la salle des machines est impressionnant : tout le monde porte des bouchons d'oreille sur mesure ! Et les vibrations sont atténuées par un sol en caoutchouc.

 

Les magiciens de la chaussette à l'envers

Les chaussettes tricotées sont déposées à l'envers dans les panières : il faut les retourner avec de drôles de tubes aspirants : on dirait des machines inventées par Gaston Lagaffe pour distribuer le courrier ! C'est le rôle de David, 4 ans de maison et ancien plombier chauffagiste.


La chaussette à l'envers avec tous ses fils coupés

Une fois que les chaussettes sont à l'endroit, Isabelle - 2 ans de maison - les introduit avec précision dans la remmailleuse, pour fermer la pointe (en remmaillant donc). C'est très précis et il faut aller vite ! La chaussette passe là aussi dans tout un tas de tuyaux très Gaston Lagaffe !


Le remmaillage pour fermer la pointe

 

La mise en forme

Une fois la chaussette tricotée et fermée à la pointe, il faut la mettre en forme avec de la vapeur. La chaussette est enfilée sur une forme en métal de la bonne pointure, puis passée à la chaleur et à l'humidité. C'est à cette étape que la rétractation prévue par les dessinateurs s'opère !



Les chaussettes sont enfilées sur des formes en métal à la bonne pointure.

La machine qui passe ces chaussettes à la vapeur va vite, et les préparatrices qui enfilent les chaussettes sur les formes en métal qui défilent étaient un peu en galère car elles débutaient. La scène était digne des Temps modernes de Chaplin :-)

 

Les marieuses

Les chaussettes ainsi finies passent ensuite entre les mains expertes de l'équipe du contrôle qualité, dirigée par Virginie, 10 ans de maison (et qui a étudié le management commercial).

Elles coupent les petits fils qui pourraient dépasser et inspectent minutieusement chaque chaussette pour repérer les défauts éventuels, et je peux vous dire qu'elles sont exigeantes : la sélection est drastique ! ... J'étais incapable de voir les défauts qu'elles pointaient !

Je les appelle les marieuses car elles font aussi l'appairage : elles associent les chaussettes par paire, en veillant à ce qu'elles aient exactement la même hauteur, largeur... car il y a toujours des nuances et des décalages ! 

S'il reste encore un trop grand décalage pour certaines chaussettes, on les repasse à la vapeur :-)


Les chaussettes sont posées sur une table à vapeur pour être retravaillées si un trop grand décalage subsiste.

Les paires écartées car considérées à défaut par l'atelier contrôle qualité sont vendues dans le magasin d'usine, juste à côté !

 

La broderie

Certaines chaussettes sont brodées avec le logo de la marque ou un motif décoratif. Le duo des brodeuses est surnommé Tic & Tac par tout le monde :-) Ici, c'est Tac, anciennement caissière, qui nous fait la démo !

On peut broder au fil (à ce moment là, on brode 300 paires par jour) ou sinon, on peut broder un patch : cette solution est plus rapide (on en brode 1200 paires par jour). 

Tac applique un "non-tissé" (un petit bout d'étoffe) pour protéger la chaussette, puis pose un tambour de broderie pour maintenir le non tissé et la chaussette bien tendus. Elle pose sans mesurer le tambour toujours au même emplacement, grâce à un petit repère.

Les fils de la bonne couleur sont enfilés dans la machine brodeuse, puis le programme numérique se met en route, avec pleins de têtes brodeuses à la fois...

Les machines sont tellement grosses que quand l'usine a été réaménagée et que les machines devaient monter en dernier étage, il a fallu les passer par le toit !!

 

L'empaquetage 

C'est aussi au dernier étage de l'usine que sont empaquetées puis emballées les chaussettes : Une étiquette cavalier est cousue avec un point sans arrêt pour être retiré facilement. La paire est ensuite glissée dans un anneau en papier et mise en pochette ou en boite, prête à être livrée au client !

 

Les collants pour enfants

Au dernier étage, nous avons également assisté au montage des paires de collants pour enfants : les machines tricotent les tubes des jambes (comme des chaussettes mais sans les bords-côte), puis ces tubes sont cousus ensemble par Tic (de Tic & Tac), et assemblés à la "culotte" du collant, à vue de nez et avec expérience ! La "culotte" du collant a été préalablement découpée au couteau électrique, là aussi sans mesure ou règle et avec expérience !

Pourquoi uniquement des collants pour enfants ? Parce que c'est petit et qu'on reste donc dans des prix acceptables. Pour des jambes adultes, cela coûterait trop cher et ils ne seraient pas du tout compétitifs par rapport à la concurrence étrangère !

 

La réserve de fils

Il y a un petit stock tampon sur place, avec des centaines de couleurs ! La maison Broussaud possède un plus grand stock à l'extérieur et peut teindre dans toutes les teintes !

Nous avons également visité les bureaux des gestionnaires des stocks, qui s'occupent d'acheter et négocier les fils : leur boulot est très compliqué en ce moment, car comme partout, ça grippe (en Chine et autres pays producteurs des matières), ça coince (sur les bateaux et pour les containers), ça flambe (les prix), bref, ça bouchonne !


Du fil lurex pour des chaussettes qui brillent de mille feux :-)

Les stocks de fils sont évalués au poids et sont informatisés pour avoir toujours une idée précise !



 

 

Merci beaucoup à la maison Broussaud pour son accueil et à Mathilde pour la visite. Nous avons appris plein de choses passionnantes, rencontré plein d'ouvriers et d'ouvrières passionnés, et quand on a repris le train pour Paris, on s'est endormis, avec le sourire ! 

à bientôt !

Lou

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