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Pelagia noctiluca

C’était toujours la même chose qui me sautait aux yeux à chaque fois que je m’approchais d’elles : il n’y en avait pas une pareille. Elles épousaient un spectre qui allait du bleu électrique au rose intense. Certes, elles possédaient toutes huit tentacules et une ombrelle qui se finissait doucement en huit rhopalies. Mais encore une fois, chacune y allait de sa spécificité : là des tentacules dépassant nettement les 30 centimètres standard, là une ombrelle en haut de forme ou au contraire plus écrasée. Et tout cela était sublimé par leur botte secrète, leur atout charme qui faisait fondre n’importe quel océanographe, leur capacité à éclairer les fonds marins. Grâce à un mucus en superficie de leurs enveloppes, elles produisaient de la lumière lorsque qu’une vague caressait doucement leurs ombrelles. C’était ça la magie des Pelagia noctiluca, en quelques secondes, on passait de la nuit noire qui règne au-delà de mille mètres de profondeur où le projecteur de mon sous-marin semblait bien vain, à un feu d’artifice de couleurs, un éclat de longueur d’onde toutes différentes qui vous éblouissaient les yeux et l’âme pendant quelques secondes ; avant de s’estomper, en attendant le prochain.

C’était pour ça que j’affrontais ma claustrophobie, en m’enfermant toutes les semaines dans une boite de conserve pas plus grosse qu’une Smart, pour aller les voir, au plus près, me fondre dans leurs bancs qui pouvaient compter plusieurs dizaines de milliers de tentacules. Quand je parvenais à les rejoindre, je coupais moteur, projecteur et ordinateur de bord et je me laissais voguer avec elles, au gré des courants.

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